À l’occasion de la Journée mondiale du travail, le président du Conseil d’Administration de la SOBDC, Bonaventure Ungolombe, a accordé un entretien exclusif à l’équipe de la communication dont les articulations sont : l’entrepreneuriat est un état d’esprit, une alternative à la violence, … comment réussir dans un contexte hostile pour ne plus « professionnaliser le chômage » ? Il prône une transformation des mentalités axée sur la valorisation du temps et l’analyse stratégique de l’environnement pour faire de l’entreprise un véritable moteur de paix et de développement communautaire.
C’est un plaidoyer pour une « révolution des mentalités » que livre Bonaventure Ungolombe, du haut de sa posture d’enseignant d’université. Pour le PCA de la Solidarité pour le Bien-Etre et le Développement Communautaire (SOBDC), la célébration du 1er Mai en République démocratique du Congo ne doit plus être un simple rappel des statistiques alarmantes du chômage, mais le point de départ d’une « auto prise de conscience ».
« L’entrepreneuriat est un état d’esprit »

Face au manque de débouchés formels, Bonaventure Ungolombe rejette le fatalisme. Selon lui, le premier obstacle à l’emploi n’est pas le manque de capital, mais une perception erronée du travail.
« Je pense que les jeunes doivent aller dans le sens de l’auto prise de conscience afin de reconnaître la valeur de ce qui est produit comme travail, et aussi la valorisation des ressources qu’ils utilisent », explique-t-il.
Interrogé sur la situation spécifique de territoires comme Mahagi ou les provinces de l’Est, il pointe du doigt une gestion du temps qu’il juge inefficace :
« La plupart de la jeunesse africaine, et particulièrement congolaise, concentre son temps en majeure partie dans les loisirs. Nous, en tant que jeunes, nous devons reconnaître que les loisirs sont importants, mais nous devons plus coordonner notre temps au travail productif. C’est ce que je pourrais recommander comme un élément clé à l’épanouissement de la jeunesse, à ce qui concerne la valorisation de notre travail. Donc, les jeunes doivent valoriser aussi le temps de leur travail. »
Bonaventure ungolombe
L’alternative à la violence
Dans une région où les groupes armés recrutent souvent parmi une jeunesse désœuvrée, Ungolombe voit en l’entrepreneuriat un rempart sécuritaire.
–« Il arrive des fois, nous, en tant que jeunes, nous recourons par des méthodes de la violence pour pouvoir résoudre les problèmes, alors qu’il y aurait d’autres manières qui pouvaient promouvoir la sécurité, la paix, qui apporteraient encore plus de richesses et d’opportunités à terme de résolution des problèmes.»
Citant Mark Zuckerberg, il rappelle qu’il n’est pas nécessaire d’être un manager né, mais qu’il faut se doter de « qualités managériales » pour transformer une idée en réussite concrète. Pour lui, la richesse est avant tout mentale :
« La manière dont on peut réussir, ce n’est pas la même. C’est pourquoi on dit que l’entrepreneuriat, c’est une méthode. C’est-à-dire, il n’est pas nécessaire d’être un manager pour réussir l’entrepreneuriat, dit Mark Zuckerberg, mais il faut être doté de qualités managériales, et à ce moment-là, vous pouvez réussir dans l’entrepreneuriat. »
Réussir dans un contexte hostile : le guide de survie
Comment entreprendre là où l’État est parfois défaillant et l’économie fragile ? Bonaventure Ungolombe prône une analyse rigoureuse de l’environnement, une sorte de « diagnostic de terrain » indispensable avant tout investissement :
- L’analyse de l’écosystème : Il appelle les jeunes à étudier l’environnement politique, économique, technologique et écologique.
- La maîtrise du secteur : « Nous devons investir dans le secteur que nous maîtrisons mieux. L’entrepreneuriat doit être tiré par la nécessité et non par l’opportunité (l’imitation) », prévient-il, pour éviter les échecs liés à la concurrence.
- Le civisme fiscal : Malgré les difficultés, il rappelle l’importance de l’environnement légal pour éviter les conflits avec l’État.
Ne plus « professionnaliser le chômage »
En conclusion de cet entretien, le message de Bonaventure Ungolombe est sans équivoque. Il demande à la jeunesse de Mahagi, d’Aru et de toute la RDC de refuser le statut de victime. « La jeunesse doit éviter de professionnaliser le chômage », martèle-t-il, dénonçant ceux qui ont les opportunités mais manquent de volonté.
Pour le PCA de SOBDC, l’avenir de la RD. Congo passera par une jeunesse capable d’identifier des opportunités rentables, seule voie vers une véritable « invasion » de l’innovation et de la créativité sur le marché régional.
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